mer 28 juin 2006
Les "faucheurs volontaires" d'Orléans se pourvoient en cassation
mer 28 juin 2006 à 13:55 :: Au Conseil Régional d'Ile-de-France
PARIS (Reuters) - Les 49 "faucheurs volontaires" d'OGM, condamnés mardi en appel à Orléans, ont décidé de se pourvoir en cassation, apprend-on auprès de la Confédération paysanne. L'ancien porte-parole de l'organisation, Jean-Emile Sanchez, a été condamné à deux mois de prison ferme pour le fauchage de parcelles de maïs génétiquement modifié appartenant à la société américaine Monsanto dans le Loiret en août 2004 et en juillet 2005. Les autres "faucheurs" ont écopé de deux mois de prison avec sursis. Début décembre, tous avaient été relaxés, le tribunal correctionnel d'Orléans ayant accepté "l'état de nécessité" comme base de leur action. Deux autres anciens porte-parole de la Confédération ont déjà par le passé été condamnés à de la prison ferme pour arrachage, José Bové et René Riesel. "Une fois de plus, la justice accompagne la décision des pouvoirs publics qui servent des intérêts particuliers, ceux de Monsanto, au détriment de l'intérêt public", déplore le secrétaire national de la Confédération chargé des OGM, Olivier Keller. A ses yeux, cette décision - un "revers" - permet aux autorités de "fuir devant le principe de responsabilité", stipulé dans la Charte de l'Environnement.
Même discours chez les Verts, qui se disent "scandalisés" par la décision de justice. De nombreux responsables du parti écologiste font partie des condamnés, notamment Francine Bavay et Yves Contassot. "La décision de la cour d'appel vient d'enterrer le principe de précaution et de bafouer l'état de nécessité", déclare leur porte-parole, Sergio Coronado, dans un communiqué. Les Verts promettent de répondre à cette "criminalisation" accentuée des faucheurs par "la désobéissance civile".
Monsanto, qui avait fait appel comme le parquet d'Orléans de la décision en première instance, s'est en revanche félicité de la décision. "Le droit à la recherche et à l'innovation pour l'agriculture française (est) désormais reconnu", dit la société dans un communiqué. La cour d'appel "fait appliquer le droit, protégeant ainsi les propriétés des agriculteurs et les expérimentations autorisées et contrôlées méticuleusement dans un cadre réglementaire extrêmement exigeant." En plus des peines de prison, les faucheurs ont été condamnés à 1.000 euros d'amende et devront verser 120 euros de frais de justice chacun. Les dommages et intérêts dus à Monsanto doivent faire l'objet d'une expertise. Le montant ne devrait pas être connu avant l'hiver prochain. Selon la société agrochimique, les fauchages de parcelles ont conduit en 2005 à la destruction de 40% des essais de maïs biotechnologiques menés en France. Le nombre de sites d'essais serait ainsi passé de 1.100 en 1998 à 11 en 2005.
Le chef de l’Etat vient d’inaugurer le musée du Quai Branly, aussi appelé « musée des arts premiers ». A cette occasion, il a rendu hommage aux « peuples humiliés et méprisés », « encore souvent marginalisés, fragilisés, menacés par l’avancée inexorable de la modernité ». Jacques Chirac ne croit pas si bien dire : comme d’habitude, ce qu’il dénonce s’applique surtout dans le pays dont il a la charge ! Son ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, à la pointe de la « modernité », traque « inexorablement » les familles de sans-papiers, souvent de la même origine que les œuvres d’art devant lesquelles le gouvernement s’extasie. Pour la première fois depuis l’Occupation, des Français sont amenés à soustraire des enfants des mains la police !
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand vient d’annoncer l’ouverture d’un nouveau site internet permettant aux salariés de procéder à des simulations du montant de leur retraite en fonction de leur carrière. Comme le dit le ministre, ce site permettra à chaque salarié de savoir « quand il peut partir, comment ça va se passer st surtout combien il touchera ».
Dans ces conditions, on ne peut que déconseiller à la plupart des salariés la visite du site gouvernemental, et même demander un filtrage sévère afin de ménager les âmes sensibles. Les internautes salariés pourraient effectivement y découvrir des contenus choquants pour leur avenir, conformément à la loi Fillon de 2003 qui s’était imposée contre la grande majorité des syndicats.
Les malheureux internautes apprendront à travers leur cas individuel ce que confirme le 3ème rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) de mars dernier : les non-cadres aux carrières courtes, les femmes ayant interrompu leur carrière verront leur retraite escomptée diminuer notablement (entre 5 et 10%) ; les fonctionnaires s’apercevront que l’âge moyen d’un départ pour bénéficier d’un taux plein est désormais de 62 ans minimum.
Qu’importe puisque le gouvernement a prévu un plan emploi seniors permettant de travailler jusqu’à 70 ans en cumulant retraite et rémunération jusqu’à 1,6 fois le SMIC, en prévoyant des surcotes qui incitent à travailler bien après 65 ans. C’est le principe même du droit à la retraite à 60 ans qui est bafoué, c’est une société à l’américaine que l’on nous prépare, où des ouvrières de 85 ans continuent à travailler en usine pour survivre.
La Cour des Comptes ne se prive pas de chiffrer à l’unité près le nombre d’enseignants qui ne sont pas devant leur classe simplement parce qu’ils exercent leurs droits: elle peut aujourd’hui chiffrer le nombre de personnels d’éducation dont seront définitivement privés les élèves. En décidant de supprimer plus de 8500 postes dans l’Education nationale, ce gouvernement, qui a connu les plus terribles émeutes urbaines et les plus grandes manifestations de jeunes depuis 30 ans, fait encore fausse route. L’insécurité sociale et professionnelle plonge ses racines dans l’absence de vrais services d’intérêt géneral ancrés dans les territoires, au service des populations, qu’il s’agisse de l’éducation, de la petite enfance ou des services à la personne.