mer 20 aoû 2008
Journées d’été des Verts à Toulouse
mer 20 aoû 2008 à 11:46 :: Actions, opinions et débats
Comme tous les ans, les écologistes se retrouvent à la fin de l’été pour échanger, apprendre, débattre. Cette année, les journées d’été se tiennent à Toulouse, avec pour thème central l’Europe, une Europe que nous voulons plus écologique, plus solidaire, plus démocratique. http://jde.lesverts.fr/
En parallèle, se déroulent des formations pour les élu/es, avec notamment un atelier sur les violences faites aux femmes et un autre sur l'économie sociale et solidaire. Lors de cet atelier, qui se tiendra vendredi 22 août après-midid, interviendront Jean-Philippe Magnen, élu à Nantes et vice-président du Réseau des Territoires pour l'Economie Solidaire, Claire Baruch, pour la Maison de l'initiative à Toulouse, François Longérinas, dirigeant d'une SCOP et ancien élu du 3e arrondissement de Paris, et Laurence Hugues, qui travaille à mon cabinet sur ces questions. Les objectifs de cet atelier sont à la fois de montrer la capacité d'innovation de l'ESS dans la mise en oeuvre de politiques publiques sur les territoires et de découvrir des initiatives d’économie sociale et solidaire et leurs modalités de mise en œuvre.
Les journées d’été des Verts sont aussi un moment fort pour définir les grandes orientations à venir, des orientations traduites par des motions que les militant/es écologistes peuvent signer pour témoigner de leur adhésion à tel ou tel courant d’idées.
Voilà le texte que j’ai signé :
Au coeur de l'alternative, l'écologie populaire altermondialiste
Les Verts entament lors de ces journées d’été le débat préparatoire de leur prochaine assemblée générale. Avant d’entrer dans les batailles de Congrès, nous, militants altermondialistes de l’écologie populaire, proposons, sans compromis ni arrière-pensées, nos orientations stratégiques et idéologiques, afin de pointer les clivages de fond et alimenter le débat dans les Verts et hors des Verts.
I) Les crises sont là, les Verts sont où ?
a. Les crises s’emballent
Le nouveau capitalisme et la course à la croissance sont dans l’impasse. Les crises énergétique, alimentaire, sociale et financière s’emballent. Réchauffement climatique et réduction de la biodiversité mettent en danger les soubassements même de la survie de l’humanité. La raréfaction des ressources naturelles s’accompagne d’une précarisation et d’une marchandisation générales. Nous assistons désormais à de véritables « guerres » pour l’accès à des ressources raréfiées (terres, pétrole, eau…) dont les pauvres sont les grands perdants.
Le système réagit à cette raréfaction par des crispations autoritaires tous azimuts. Pour poursuivre un mode de vie insoutenable, les oligarchies, dos au mur, bâillonnent la démocratie et répriment l’expression des besoins fondamentaux des populations.
Cette situation de crises sans précédent rend urgente la mise en œuvre des solutions radicales portées par l’écologie populaire altermondialiste : décroissance solidaire, redistribution des richesses, démocratisation de l’économie pour sortir du capitalisme et droit des peuples à disposer démocratiquement d’eux-mêmes face à toutes les dominations néocoloniales.
b. Verts : deux années de recul
Les Verts sont aujourd’hui moins nombreux en adhérents et surtout en militants sur le terrain. Pis, ils sont inaudibles, car engoncés dans leur positionnement de classes moyennes supérieures intellectuelles des centres-villes. La direction des Verts a durant deux ans navigué entre inexistence, incapacité à prendre des initiatives et rodomontades envers le PS pour finalement présenter moins de listes autonomes aux élections municipales qu’en 2001 ! Mais, au-delà du travail des élus Verts, le parti manque d’intelligence collective et n’a que la direction qu’il mérite. La responsabilité n’incombe pas à un seul courant mais à l’ensemble de ce que sont aujourd’hui les Verts, obnubilés par les élections et monopolisés par les élus et leurs salariés. Les Verts oscillent systématiquement entre alliance avec le PS dès le premier tour et autonomie qui rime de plus en plus avec solitude, sans recherche d’alliance sérieuse avec des mouvements politiques proches de nous. L’incapacité ou le manque de volonté ont empêché tout rapprochement avec des listes « citoyennes » ou avec des forces de banlieues, féministes ou altermondialistes. Comme si les Verts pouvaient encore prétendre au monopole arrogant de l’écologie politique.
Pourtant, entre un PS qui n’en finit plus de se « centriser » et un nouveau parti anticapitaliste qui n’aspire qu’à geler dans la protestation pure les déçus de la gauche, le projet écologiste radical est aujourd’hui pris en tenailles, mais son espace politique potentiel existe plus que jamais. A condition qu’il se base sur les valeurs de l’écologie populaire…
II) Les valeurs-sources de l’écologie populaire
Quatre dynamiques structurent le monde et les rapports sociaux : la crise écologique, la lutte des classes, la fracture néocoloniale et le patriarcat. Ces dynamiques ont tendance à se superposer et se renforcer. La fracture écologique se superpose aux fractures sociales. Dernier exemple en date : les ouvriers sans-papiers de Montreuil qui se mettent en grève pour leur régularisation face à un employeur qui profitait de la situation pour les exposer aux pires nuisances au travail (amiante…). Il est donc de notre responsabilité de réunir les héritiers du mouvement ouvrier, du féminisme et du mouvement écologiste.
Le grand schisme en cours dans l’écologie porte en effet sur le rapport aux classes. Faute d’avoir identifié les forces sociales susceptibles de porter un projet majoritaire de transformation, les Verts restent à la recherche de cette boussole qui leur permettrait d’inventer une justice sociale pour les classes les plus démunies et les générations futures.
L’écologie populaire, c’est la réappropriation de la politique par celles et ceux qui en sont les plus éloignés. Notre écologie est donc une écologie de lutte contre la pauvreté et la précarité, résolument altermondialiste et anticapitaliste, inscrite dans les milieux et quartiers populaires, ne luttant pas pour, mais avec les discriminé-e-s contre toutes les discriminations, travaillant à la reconnaissance des droits à l’expression culturelle dans l’espace public de chacun dans une France diverse, et défendant le droit de chacun à choisir son modèle d’émancipation.
a. L’écologie des pauvres
Alors que les pauvres ont une empreinte écologique moins importante, ils sont les premières victimes des inégalités écologiques. Les partisans de l’écologie populaire, émanation de celles et ceux qui vivent opprimés partout dans le monde, accompagnent les luttes et les exigences de ces derniers, et les traduisent en combats écologistes. Cette « écologie du bas » implique déjà des populations pauvres, rurales ou indigènes, avec souvent un rôle moteur des femmes, luttant contre l’État ou les entreprises privées qui menacent leurs conditions de vie. L’écologisme des pauvres est aujourd’hui l’une des principales sources de résistance dans les pays du Sud et de plus en plus au Nord.
L’écologie populaire trouve ses racines dans les profondeurs des peuples. Elle est issue de la convergence de plusieurs mouvements :
§ la justice environnementale (partie des Etats-Unis où le mouvement noir lutte contre le racisme environnemental)
§ les mouvements populaires environnementaux en Inde (Vandana Shiva et Raj Gopal), ou ailleurs à travers les combats pour l’eau, la lutte des paysans (cotonniers d’Afrique, sans terre du Brésil), des ouvriers de Corée du Sud...
§ la théologie de la libération, qui a basculé dans les années 80 du socialisme à l’écologie, à partir de l’option préférentielle pour les pauvres (Leonardo Boff). Car l’écologie populaire prône le dialogue entre traditions d’émancipation de différentes cultures.
Ces courants ont fait le même constat : l’écologie ne peut prétendre défendre les intérêts de la nature et de l’humanité, des vivants et des non-vivants, si elle n’est pas l’expression de tous ceux qui en sont les victimes premières et si elle ne rompt pas avec l’européocentrisme qui domine le mouvement européen. L’écologie n’est pas un luxe, un supplément d’âme pour les riches. Elle est une nécessité pour les pauvres.
b. Dépasser capitalisme et productivisme : économie solidaire et objection de croissance
L’écologie populaire est incompatible avec le capitalisme. En érigeant le principe intangible que tout s’achète et tout se vend, en faisant du profit le sens de la vie, le capitalisme transforme la nature et les humains en marchandises. Au nom du principe « une action = une voix », il marchandise le pouvoir, ce que la démocratie théoriquement interdit, au nom du principe « une personne = une voix ». Le capitalisme vert, à cet égard, n’offre aucune réponse. Une voie alternative implique donc la promotion d’unités de production autogérées fondées sur la démocratie dans l’entreprise et des circuits courts de distribution. L'économie solidaire, décision de production collective, privée et/ou publique, représente un complément des services publics. Elle ne peut s’y substituer mais peut prendre l'initiative quand la volonté politique fait défaut.
La mondialisation capitaliste a généralisé l’aspiration au mode de vie des riches occidentaux. Or, il n’y a déjà plus assez de pétrole pour tout le monde, et l’énergie nucléaire est tout sauf généralisable. L’écologie populaire altermondialiste devra donc faire adhérer à une sobriété partagée et équitable, encadrée par un revenu d’existence, pour éviter le dénuement des plus pauvres, et un revenu maximal, pour empêcher les concentrations de richesses indécentes.
c. L’écologie populaire est donc altermondialiste
L’écologie populaire considère que le processus des Forums sociaux initiés à Porto Alegre est le cadre essentiel de la recomposition de la gauche mondiale. La participation au mouvement altermondialiste est un choix aussi décisif pour les Verts que le fut la sortie du « ni-ni ». Hélas, les dirigeants Verts ont délaissé cette nouvelle alliance. Aujourd’hui, dans les actes, on s’aperçoit que, non seulement ils ignorent ces rendez-vous internationaux alternatifs, mais, plus grave, ils les craignent ou les méprisent.
d. Une écologie de l’égalité effective des droits
A l’époque de la mondialisation, il s’agit de définir une perspective qui allie l’émancipation sociale classique à l’émancipation des individus, des « minorités » auxquelles ils peuvent appartenir et des communautés qu’ils ont choisies ou qu'ils sont contraints d’assumer pour lutter contre les injustices qui leur sont faites. Cette perspective est nécessaire car ceux qui sont dépossédés socialement le sont souvent car ils sont dépossédés politiquement et culturellement.
L’écologie politique défend le droit des principaux concernés à être au cœur de la lutte pour leurs droits. Chacun-e doit pouvoir déterminer et choisir librement son modèle d’émancipation individuelle. Que cela passe par une affirmation de genre, d’orientation ou d’identité sexuelle, de langue, de culture ou de croyance, la détermination de l’émancipation ne peut être imposée par des modèles préfabriqués. Les femmes, les homosexuels, les lesbiennes, les Noir-e-s, les Maghrébin-e-s, les musulman-e-s, les handicapé-e-s, les Rroms,…ont le droit de s’affirmer et de s’organiser. Ceci évitera qu’on parle pour les dominés et sans eux, aboutissant à taire leurs demandes au prétexte de l’intérêt général qui est souvent l’intérêt des dominants. L’expression du vécu partagé par des groupes discriminés ne doit pas être disqualifié par l’accusation de« communautarisme ».
L’écologie populaire se transformera en force politique quand elle arrivera à trouver une synthèse entre ses quatre sources.
III) A bas le patriotisme de parti ! Pour des Verts ouverts
Enfermés dans leur nombrilisme identitaire, ressassant encore et toujours les mêmes discours en cercle fermé, les Verts n’attirent plus. Alors que c’est à nous d’être ouverts et unitaires face aux réflexes de repli sur soi des autres forces politiques. Nous rêvons d’un parti qui sorte de la logique d’appareil, boutiquière, mortifère, prévisible, routinière. Un parti qui ne se vive pas comme une citadelle assiégée résistant farouchement mais dans l’indifférence générale.
a. Et pourtant l’écologie progresse…
Les idées écologistes se répandent dans la société : prise de conscience générale sur le dérèglement climatique, évolution du PCF au contact des députés Verts au sein du groupe GDR, nouvelle direction d’Attac anti-productiviste… La crise écologique, le développement des maladies professionnelles liées à l’environnement, les catastrophes comme Metaleurop, AZF, la croissance de mouvements environnementaux, leurs tentatives de structuration politique etc. ont conduit à des différenciations à l’intérieur du mouvement ouvrier : dans une série de pays, des syndicats entiers ou de fortes minorités – CGT, FSU et Solidaires en France, IG-Metall en Allemagne, CGIL en Italie, mineurs britanniques etc. – font preuve d’une sensibilité accrue face aux questions écologiques. Cette prise de conscience préfigure un éco-syndicalisme qu’il nous revient de soutenir.
Loin de la « fierté d’être vert », c’est dans la collaboration de tous les jours, dans une attitude de respect et d’écoute, que les Verts pourront prouver leur utilité à ces militants associatifs et syndicaux qui se sont éloignés de nous. Les occasions dans les mois qui viennent vont se multiplier pour approfondir ce processus, notamment au sein du « Grenelle alternatif et citoyen », où les Verts brillent par leur absence. Citons le rassemblement pour une autre politique agricole à Annecy les 20-21 septembre, le sommet citoyen sur les migrations à Paris les 17-18 octobre, et la mobilisation sur les thèmes de l’énergie et du climat à Paris et Poznan les 29-30 novembre. La direction des Verts ne peut plus être absente de ce type d’événements.
b. Le parti de la France invisible
Les Verts ne peuvent plus se rêver comme le foyer unique de l’écologie politique attendant que les autres se rallient à eux. Les Verts sont inaudibles parce que leurs prises de parole ne sont pas ancrées dans les luttes et arrivent bien souvent à contretemps des mobilisations.
Les banlieues, par exemple, que l’on promettait la main sur le cœur de défendre, n’ont pas survécu au désintérêt médiatique. Les municipales n’ont à aucun moment permis aux Verts de faire le lien avec les mouvements politiques des quartiers populaires. Les Verts sont moins que jamais vus comme un débouché politique aux initiatives issues des quartiers. Les Verts ont snobé le premier Forum social des quartiers populaires (FSQP), seront-ils présents au deuxième cet automne ? De même, dans le combat difficile contre l’ANRU mené par la coordination anti-démolition, les Verts sont rarement aux côtés des banlieusards qui résistent à la gentrification de quartiers jugés un peu trop populaires pour avoir leur mot à dire quand arrivent les bulldozers.
La transformation populaire de l’écologie suppose que les Verts deviennent le parti de la justice environnementale dont ont besoin les victimes de l’environnement, en soutenant des groupes aujourd’hui invisibilisés car marginalisés politiquement. Les victimes écologiques dessinent les contours de la France invisible, celle qui n’a pas assez d’influence pour se faire entendre quand elle souffre du productivisme.
Notre parti n’a plus de porte-voix, il ne génère que des notables et des gestionnaires. La LCR a mis en avant Olivier, la Bolivie a porté au pouvoir l’Indien Morales, Barack Obama offre son histoire au parti démocrate. Et nous, qui avons-nous à raconter ? Quel est le récit porté par les porte-parole de l’écologie ? Les dirigeants des Verts, de plus en plus monocolores, s’éloignent de la diversité de la population française, alors que notre parti avait été à la pointe de ce combat. On ne combat efficacement les discriminations qu’avec les discriminés, en respectant leurs formes d’émancipation.
A nous de faire parler ceux qui ne se résignent pas à une existence se résumant à l’accumulation des objets, ou à leur manque. A nous de devenir un parti suffisamment accueillant pour les imaginaires subversifs de tous les écologistes, même de ceux qui s’ignorent. Le parti des identités blessées, des gueules cassées de la croissance à tout prix. Les amiantés, les gentrifiés, les irradiés, les délogés, les expulsés, les détenus, les recalculés, les démolis, les endettés, les jeunes précarisés… ne doivent pas trouver chez nous un moule idéologique. Nous devons nous mouler dans leur histoire et leurs luttes. Cette France bancale qui aspire à autre chose qu’à aller chercher les points de croissance avec ses dents a besoin d’un parti. Ce parti ne sera les Verts que si les Verts choisissent d’être le parti des victimes de l’environnement et non seulement les happy few de la nourriture bio et des maisons HQE.
c. Oser des alliances politiques
Le projet des Verts implique de faire évoluer le champ politique. Les Verts ne peuvent afficher et pratiquer de fait une relation exclusive avec le parti socialiste sans risquer de devenir un parti radical de gauche teinté de vert. La force conséquente dont nous avons besoin ne se construira pas par simple grossissement des Verts tels qu’ils sont. Il faut donc être attentif à faire évoluer vers le projet de l’écologie politique des secteurs associatifs bien sûr, mais aussi des courants politiques venant d’autres horizons notamment de la gauche traditionnelle. En Europe deux partis écologistes se sont créés suite à l’évolution d’un parti communiste en Catalogne ou d’extrême gauche au Danemark. La tenue enfin d’assises de l’écologie de transformation ouvertes réellement pourrait en être une occasion de dialogue avec les Alternatifs, les communistes refondateurs et unitaires, les décroissants, Alternative citoyenne, Attac, Utopia…
A l’élection présidentielle, les Verts ont tenu à présenter une candidature « verte-verte » refusant de s’ouvrir à d’autres perspectives notamment celles ouvertes par les collectifs unitaires anti-libéraux ; présentant de plus une candidate dont l’image est entachée d’une participation gouvernementale un peu trop dépendante des socialistes. Il nous faut tirer les leçons des échecs symétriques des candidatures Voynet et Bové : ces deux visages de l’écologie, l’une plus institutionnelle l’autre plus mouvementiste, n’ont pas vocation à se faire concurrence mais à s’allier. Pour cela les Verts doivent aider à l’unification des composantes visibilisées dans la campagne Bové : l’altermondialisme, l’écologie de gauche et les militants des quartiers sans rompre avec les centaines de Verts déboussolés après la campagne éco-gestionnaire de leur candidate.
Mais regardons devant nous : la campagne des élections européennes mérite mieux que l’alignement strict sur les positions du Parti vert européen (notamment la disparité des votes sur la directive « Retour ») et les orientations néolibérales des Grünen. Soyons capables de nous ouvrir que ce soit du côté de José Bové ou voire de Nicolas Hulot s’il se rapproche de nos positions. Dépassons le oui et le non au TCE pour faire avancer l’idée d’une Europe fédérale source de droits nouveaux. Les Verts doivent apparaître comme un parti capable de laisser place, même à des postes éligibles, à des personnes venant du monde associatif ou syndical.
A ces conditions, les élections européennes et les Assises de l’écologie, toujours annoncées mais jamais réalisées, apparaîtront peut-être comme une première étape pour raviver les différents foyers de l’écologie, et montrer que l’on peut devenir un nouveau parti sans forcément changer de nom.


Les six lauréats CréaRîF